Minima salariaux et prime Covid : Tous en grève le 24 et le 25 mars !

Comme chaque année, la branche a lancé les négociations annuelles obligatoires pour augmenter les minima salariaux pour les prestataires de services. Pour rappel, le dernier accord sur les minima salariaux date du 16 mars 2020 et est applicable depuis août 2020, date de l’extension par les services de l’État. Avec cet accord, FO avait obtenu une amélioration de la valeur du point et de l’indice de chaque coefficient. Suite à l’application de cet accord, l’année 2021 devait ouvrir le chantier d’une nouvelle augmentation des minima de branche.

FO a été la première organisation salariale à faire une proposition en octobre 2020 avec un projet d’accord qui prévoyait une augmentation entre 1,8 et 2,1 % sur tous les coefficients.

Avec 3 coefficients sur 23 en dessous du niveau du SMIC, il y avait du retard à rattraper !

COVID-19 : fléau ou opportunité pour le secteur ?

Dès la première séance de négociation, le patronat a écarté la possibilité d’une augmentation salariale pour cette année, en invoquant la COVID-19.
La branche des prestataires de services recouvre des secteurs variés et inégaux face à la crise. Pour FO, on peut entendre que la crise sanitaire a affecté le secteur de l’animation commerciale ou de l’évènementiel. Autant d’activités dans lesquelles de nombreux salariés ont vu leur contrat rompu ou non renouvelé.

Mais il ne faut pas oublier que la branche recouvre également d’autres secteurs comme les centres d’appels, le télé-secrétariat ou le recouvrement de créances. Pour ces autres secteurs, la crise a pu constituer une opportunité, avec des créations d’emplois et une nette amélioration des ratios financiers. C’est notamment le cas dans le secteur des centres d’appels. Suite au confinement généralisé de la population à partir de mars 2020, les services proposés par les centres d’appels (information, appels liés aux téléconsultations) ont été très demandés. Grâce à la généralisation du télétravail, certains centres d’appel ont optimisé leurs frais généraux. Ce modèle commence à s’imposer dans les centres d’appels, avec des embauches sur des sites virtuels.

Dans ce contexte, FO porte la revendication d’une augmentation générale des salaires et notamment des minima salariaux de branche.

Une branche condamnée à être en dessous du SMIC ?

La revalorisation de cette grille des minima salariaux est d’autant plus importante que 80% des salariés de la branche des prestataires de services sont rémunérés au niveau du SMIC. Cette situation reflète la faiblesse des rémunérations dans la branche, et le manque d’attractivité des métiers. A ce jour, les 3 premiers coefficients de la grille se retrouvent en dessous du niveau du SMIC ! L’Etat est intervenu en demandant au patronat de corriger cette irrégularité, en vain…

L’enjeu immédiat est l’illégalité et l’inapplicabilité de la grille des minima salariaux de branche. L’enjeu sur le long terme est la poursuite du tassement de la grille des minima salariaux et la dégradation des métiers et des parcours professionnels dans la branche. Une proportion de plus en plus importante des salariés a vocation à se retrouver rémunérés au SMIC, sur des contrats précaires et des parcours professionnels sans avenir.

Ce ne sont pas seulement les salariés des premiers coefficients qui sont affectés. Si un accord n’est pas conclu en 2021, certains superviseurs (chef d’équipe) vont se retrouver à seulement quelques euros au-dessus du SMIC.

Revalorisation des salaires et prime COVID : APPEL A LA GRÈVE

A la suite d’une intersyndicale incluant FO, il a été décidé de lancer un appel à la grève pour exiger une augmentation générale des salaires ainsi qu’une prime COVID pour tous les salariés des centres d’appels, de l’accueil, de la traduction, du recouvrement, du télé-secrétariat ou de l’animation commerciale.

Les salariés de la branche des prestataires de services ont été dévalorisés et exclus d’une potentielle prime COVID. Pourtant, ces mêmes salariés (centres d’appels, télé-secrétariat…) ont été sur-sollicités pendant la crise, parfois dans des conditions difficiles avec des plateaux de centres d’appels bondés pour satisfaire l’augmentation d’activité.

L’appel à la grève a été relayé aux filiales des centres d’appels, situées au Maroc et en Tunisie. En cas d’arrêt du travail, la pratique du transfert de l’activité française vers les centres d’appels à l’étranger sera ainsi perturbée.

FO demande une reconnaissance du rôle des salariés pendant la crise par une revalorisation salariale et le versement d’une prime COVID !
FO continue de défendre les rémunérations des travailleurs et leurs conditions de travail.

Paris, le 19 mars 2021

Contacts :

Nicolas FAINTRENIE, Secrétaire de la Section fédérale des services – services@fecfo.fr

Johnny FRANCHOIS, branche des prestataires de services – 06.31.86.80.41 – j.franchois@foprestataires.fr

Nullam porta. ipsum sed ut mi, Lorem elementum id et, neque. eleifend